LA NUIT N’EN FINIT PLUS
FESTIVAL D’AVIGNON 2025
Seule-en-scène de Léa Conil
Mise en scène
Collectif Là-bas si j’y vais
Adaptation de
Plus grand que moi (solo anatomique)
de Nathalie Fillion, Les solitaires intempestifs
et Nuit de Andrée Chedid, Flammarion
« VITE VITE
JE VEUX TOUT RALENTIR
VOIR CHAQUE DÉTAILS
FUTUR PASSÉ PRÉSENT
TOUT VA TROP VITE.
TOUT EST TROP PETIT.
TOUT EST TROP TÔT.
JE PARS
JE QUITTE LA VILLE PAR LES TOITS
À L’ENVERS DU MONDE
PLUS GRAND QUE MOI
À L’ENVERS DU TEMPS
PLUS GRAND QUE MOI
JE VEUX UNE AUTRE ÉPOQUE. »
Extrait de Plus Grand Que Moi (Solo Anatomique), Nathalie Fillion, Les solitaires intempestifs
Une traversée entre intime et politique, le cri d’une génération en quête de sens, qui refuse de se taire et crie la vie, coûte que coûte.
« Ce spectacle est né du besoin intime et viscéral de recycler les dissonances vertigineuses entre l’état du monde et mes idéaux, mes espoirs de jeune femme. Je voulais crier la vie au milieu des tumultes, chercher le sens et convoquer ce qui crépite en soi. Agir.
Et puis je me suis blessée très gravement, j’ai dû accepter d’être une comédienne handicapée, et trouver de nouveaux chemins pour continuer la création. A l’urgence initiale d’exprimer ma soif de vie s’est alors mêlée la nécessité de continuer à vivre et créer avec un corps empêché. Agir.
Inventer de nouveaux possibles. Crier la vie, fort, savourer le beau, saisir la lumière. Agir. »
Léa Conil
Production : Collectif Là-bas si j’y vais
Coproduction : IDDAC, agence culturelle du Département de la Gironde, le GLOB Théâtre, scène conventionnée d’intérêt national mention Art et création
Soutiens à la création : Espace Simone Signoret, Ville de Cenon, Les Avants Postes, La Traversée, Le Trioletto et le Crous de Montpellier Occitanie
Qu’est ce que ça raconte ?
La Nuit N’en Finit Plus est une invitation au voyage à travers les nuits trépidantes d’une jeune femme, Cassandre Archambault.
Comme tous les soirs, elle n’arrive pas à dormir, ensevelie par des pensées qui nous parasitent toutes et tous dans notre lit.
Entre rêve et réalité, et pour fuir la nuit, elle part en quête de sens.
C’est une aventure, à cet endroit tout particulier des songes, là où la vie se mélange à l’imaginaire, dans cet espace secret où les idéaux croisent les souvenirs, et où une chanson entendue à la radio peut devenir la bande originale de nos histoires, elle voyage.
C’est l’amour de la vie qui déborde de Cassandre, elle trouve que la vie est belle, et au moins, en rêves, elle peut le hurler, comme ça, à pleins poumons, juste pour l’entendre résonner : “La vie est belle !”
A travers l’épopée de cette jeune femme “typique de son époque” comme elle dit, La Nuit N’en Finit Plus exprime le cri du cœur de toute une jeune génération troublée par l’état du monde, et qui n’a d’autre envie que d’exulter.
Pourquoi ce spectacle ?
“J’ai envie de vivre une grande traversée. »
C’est la première phrase du cahier de recherches de ce spectacle, avant même qu’il en soit un, lorsqu’il était juste une envie.
J’avais soif d’aventures, de sensations fortes, un Grand-Huit dont je pourrai dessiner les loopings. C’est comme ça que j’imaginais le seule-en-scène. Je rêvais d’une traversée où, même seule sur scène, je sentirai la force et l’empreinte du collectif Là-bas si j’y vais, tout entier.
Je rêvais d’un spectacle tout terrain, à emmener partout dans ma valise, une histoire à raconter dans les théâtres mais aussi les jardins, les salons, les rues, les parcs…
Et puis il y a eu “La nuit n’en finit plus”, de Petula Clark, cette ôde aux nuits d’errances.
Ce morceau m’a habitée tout de suite, comme si je l’avais chanté toute ma vie à tue-tête, avec mes sœurs. Quelque chose d’important.
C’est donc tout naturellement qu’il a inspiré la création de ce spectacle, pour finalement lui offrir son nom.
Je voulais raconter ce “fleur de peau”, ce poil qui se dresse, là.
Il y avait une urgence, une nécessité d’aborder le monde, raconter la hargne au ventre face aux nouvelles anxiogènes du matin.
Chanter la vie au milieu du chaos.
Au cours de mes recherches, je suis tombée sur « Plus Grand Que Moi, solo anatomique », de Nathalie Fillion. Ma rencontre avec Cassandre Archambault, son personnage, a été une évidence. J’aime sa fougue, son regard sensible et drôle sur le monde. Cette jeune femme, intranquille comme moi, “Typique” de mon époque, c’est à travers ses mots que je raconterai la rage de vivre. C’est à travers son corps que j’allais vivre la grande traversée.
Les nuits de Cassandre permettent des zooms et dézooms, entre l’infiniment petit et personnel, la santé mentale, l’intime des pensées intrusives et dissonantes qui nous attrapent dans notre lit.
Jusqu’au plus grand, l’universel, les origines, l’Histoire avec un grand H, éco-anxiété, capitalisme et surinformation, féminisme et besoin d’agir. L’époque et les idéaux qui s’entrechoquent.
Ici le corps devient un langage à part entière, expressif, vif, précis et mouvant, il dit autant que les mots. Cassandre pédale, court, saute, danse, occupe l’espace, se fait la plus grande possible, en levant les bras comme ça, bien haut, pour ancrer son existence concrète, ici, maintenant dans le monde.
Accompagnée de son vélo, avec lequel elle traverse les époques et les pays en rêves, elle explore, elle cherche la justesse et le sens. Moyen de transport mais aussi fidèle destrier et confident, il est son Jolly Jumper, son Sancho Panza, son Âne de Shrek.
La scène représente cet espace clos, abstrait, qu’est la tête de Cassandre. Bloquée. Il n’y a qu’elle qui peut trouver comment s’en extraire, trouver la liberté.
Alors nous cassons le 4e mûr. Il y a des adresses publics, franches, directes. L’idée est de surprendre aussi, les différents niveaux de jeu cherchent à semer le trouble. “Est ce que c’est parfois la comédienne, elle-même qui parle ? c’est dans le spectacle ça?” Inviter les spectateur.ices directement dans ce voyage.
Voyager à travers les possibles, exprimer avec fougue ce qui grouille en soi.
Face au monde qui part en cacahuète, comment fait-on pour agir ?
Ici, Cassandre et moi choisissons de crier la vie pour continuer d’exister, exister dans le chaos.
Et peut être réussir à dormir.
Léa Conil, comédienne et metteuse en scène